À l’occasion du 73ᵉ anniversaire de la police égyptienne… à qui revient le mérite d’avoir immortalisé la Journée de la police égyptienne ?

À l’occasion du 73ᵉ anniversaire de la police égyptienne… à qui revient le mérite d’avoir immortalisé la Journée de la police égyptienne ?

L’un des jours éternels dans la mémoire nationale égyptienne… c’est le Jour de la police, le 25 janvier 1952.

Le mérite d’avoir perpétué cette journée revient au leader Gamal Abdel Nasser.

Le 25 janvier 1952… Ce n’est pas un jour ordinaire dans l’histoire de la lutte nationale contre les forces d’occupation britanniques pour la liberté et l’indépendance. Ce jour n’a pas seulement été le témoin de la bravoure et du courage de la police égyptienne, lorsqu’elle a refusé de remettre le gouvernorat d’Ismaïlia aux Britanniques, malgré leur petit nombre et la faiblesse de leur armement, faisant de nombreux martyrs et des centaines de blessés, mais il a aussi été le théâtre d’une épopée nationale remarquable de sacrifice et de dévouement pour le bien de l’État. Les citoyens se sont battus aux côtés des forces de police contre l’ennemi usurpateur, ce qui a largement contribué à ouvrir la voie à la révolution du 23 juillet 1952, puis à l’évacuation des forces d’occupation britanniques. C’est la leçon du passé pour le présent, et ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour apprendre et réfléchir.

Le début remonte à octobre 1951, lorsque le gouvernement du Wafd a décidé, sous la pression d’un fort sentiment patriotique, d’annuler le traité de 1936 conclu avec le gouvernement britannique, imposé pour la défense des intérêts britanniques.

Après cela, le sentiment patriotique a déferlé comme un torrent puissant, œuvrant à éloigner les forces d’occupation britanniques de la zone du canal, où se trouvait la plus grande base britannique de la région, comprenant 80 000 soldats équipés des armes modernes de l’époque. C’est alors que commença la guerre des fedayins, à laquelle participèrent toutes les composantes du peuple égyptien (à l’exception des Frères musulmans, dont le guide Al-Hudaybi les en empêcha).

L’affaire ne s’est pas arrêtée là : les entrepreneurs ont cessé de fournir des denrées alimentaires — légumes, viande et autres — nécessaires à la subsistance des quatre-vingt mille soldats britanniques. Cela s’est accompagné du retrait de 91 572 travailleurs égyptiens des camps des forces d’occupation, ce qui a mis les forces britanniques dans la zone du canal en difficulté. La situation s’est aggravée avec les pertes humaines importantes qu’elles ont subies à la suite des opérations des fedayins.

En conséquence, la colère des forces d’occupation s’est intensifiée dans la zone du canal, en particulier à Ismaïlia. Elles ont mené des actions brutales contre les habitants pour les terroriser, d’autant plus que les opérations des fedayins bénéficiaient de la coopération de la police avec le peuple. Les Britanniques ont compris que les fedayins agissaient sous la protection de la police, et ont donc entrepris de vider les villes du canal afin de pouvoir les frapper après les avoir privées de toute couverture sécuritaire.

Le matin du vendredi 25 janvier 1952, le commandant britannique dans la zone du canal (le brigadier Axham) convoqua l’officier de liaison égyptien et lui remit un avertissement exigeant que les forces de police égyptiennes à Ismaïlia remettent leurs armes, quittent leurs positions et évacuent toute la zone du canal pour se retirer au Caire, affirmant qu’elle était devenue un refuge pour les fedayins égyptiens. Mais le commandant des forces de police égyptiennes, le capitaine Mustafa Rifaat, rejeta cet ultimatum en déclarant : « Nous ne nous rendrons que morts. »

Cela attisa la colère du commandant britannique Axham, qui ordonna à ses sept mille soldats d’assiéger le bâtiment du gouvernorat d’Ismaïlia, armés et soutenus par des chars, des véhicules blindés et des canons de campagne, tandis que le nombre des forces égyptiennes assiégées ne dépassait pas huit cents dans les casernes et quatre-vingts dans le bâtiment du gouvernorat, armés uniquement de fusils.

Les Britanniques utilisèrent toutes leurs armes pour bombarder le bâtiment du gouvernorat. Cependant, les soldats égyptiens résistèrent avec une grande bravoure et un courage remarquable. Une bataille inégale eut lieu entre les forces britanniques et les forces de police assiégées. Le combat ne cessa qu’après l’épuisement des munitions, au bout de deux heures. Il y eut 50 martyrs et environ 80 blessés parmi les policiers — soldats et officiers — présents dans le bâtiment, ainsi qu’environ soixante-dix autres blessés, en plus de plusieurs civils. Les survivants furent capturés.

Le général Axham ne put cacher son admiration pour la bravoure des Égyptiens et déclara au lieutenant-colonel Charif Al-Abed, officier de liaison : « Les policiers égyptiens se sont battus avec honneur et se sont rendus avec honneur. Il est donc de notre devoir de les respecter. » Il ordonna alors à un bataillon britannique de présenter les honneurs militaires aux policiers égyptiens lorsqu’ils quittèrent le bâtiment, en reconnaissance de leur courage.

Ainsi, ce jour est devenu une date marquante pour tous les Égyptiens, en particulier pour la police et les habitants d’Ismaïlia, qui se sont unis pour résister aux forces d’occupation.

Mais le mérite d’avoir immortalisé cette journée dans la mémoire nationale égyptienne revient au dirigeant Gamal Abdel Nasser, qui a ordonné l’érection d’un monument dans les bâtiments du système à Abbassiya en l’honneur des martyrs de la police égyptienne. Il s’agit d’une statue symbolique représentant un policier parmi les héros tombés lors de la bataille d’Ismaïlia.

Abdel Nasser a évoqué ces sacrifices en déclarant :

« Nous avons toujours observé, durant les jours de combat, comment des policiers faiblement armés ont affronté les soldats de l’Empire britannique équipés des armes les plus puissantes, et comment ils ont résisté en défendant leur honneur et celui de l’État. Nous avons vu cela et ressenti en même temps que le pays qui possède un tel esprit de sacrifice doit avancer et vaincre… Nous avons observé la bataille d’Ismaïlia alors que nous étions dans l’armée. Nous voulions agir, mais nous n’en avions pas les moyens à l’époque. Cependant, cela nous poussait en avant, et c’est grâce à leur défense et à leur martyre à Ismaïlia. »

Source : Page « Nous sommes tous Gamal Abdel Nasser »