Le ministère des Affaires étrangères d’Égypte
Article traduit par : Rahma Mahmoud
Édité par : Omaima Ahmed Tolba
Le ministère des Affaires étrangères constitue l’institution centrale chargée de définir, développer et consolider les relations de l’Égypte avec l’ensemble des États du monde, ainsi qu’avec les organisations régionales et internationales. Il assure l’élaboration et la mise en œuvre de la politique étrangère, tout en contribuant à la préservation de la sécurité nationale, de l’intégrité territoriale et des intérêts du pays, conformément à la Constitution et aux orientations générales de l’État.
Dans ce cadre, le ministère pilote et supervise les relations extérieures dans leurs dimensions politique, économique, culturelle et autres. Il joue également un rôle clé d’analyse stratégique, en évaluant les politiques des autres États et leurs répercussions, immédiates et futures, sur les orientations de l’Égypte, tout en suivant leur évolution en cohérence avec la politique étrangère nationale.
L’histoire du ministère remonte à la première moitié du XIXᵉ siècle, sous le règne de Muhammad Ali Pacha, où il existait sous l’appellation de « Bureau des affaires étrangères ». À cette époque, il ne s’agissait pas encore d’un ministère au sens moderne, mais d’un organe chargé principalement des questions commerciales et des transactions publiques.
Après le règne de Muhammad Ali, cette organisation a continué à fonctionner sans changements majeurs jusqu’à ce qu’elle devienne le « Foreign Office », l’un des quatre principaux bureaux du pays. Ses fonctions comprenaient notamment la prévention de l’esclavage, le suivi des traités internationaux ainsi que des publications européennes et locales. Cela était largement lié à l’importance croissante de la présence européenne en Égypte à l’époque de Saïd Pacha et du Khédive Ismaïl, en raison de l’ouverture du pays et des privilèges étendus dont jouissaient les Européens à cette époque. Les Arméniens ont continué à occuper les postes clés au sein du ministère des Affaires étrangères jusqu’à la fin du XIXᵉ siècle.
Après l’arrivée au pouvoir du président Hosni Moubarak en 1981, le ministère des Affaires étrangères a fait l’objet d’une vaste réorganisation. Dans ce cadre, la loi n° 45 de 1982 relative au service diplomatique et consulaire a été promulguée afin d’accompagner l’expansion des relations diplomatiques et consulaires de l’Égypte et de les aligner sur les Conventions de Vienne relatives aux relations diplomatiques et consulaires, auxquelles le pays avait adhéré au début des années 1960.
Au début des années 1990, l’action diplomatique égyptienne a été de nouveau restructurée pour s’adapter au contexte international issu de la fin de la guerre froide et de la dissolution de l’Union soviétique. Cette réforme visait également à moderniser les mécanismes de prise de décision en matière de politique étrangère et à renforcer les compétences des diplomates dans les différents domaines de l’action extérieure.
Cette évolution organisationnelle s’est traduite par plusieurs mesures, notamment :
- la création de départements spécialisés chargés de traiter des dossiers prioritaires sur la scène internationale, tels que le désarmement, le développement, les droits de l’homme, l’environnement, ainsi que les relations avec les Nations Unies et ses différentes institutions ;
- le renforcement de la coopération avec les autres institutions de l’État afin de mieux intégrer l’expertise académique à la pratique diplomatique ;
- le développement de l’Institut d’études diplomatiques pour assurer la formation et la préparation des diplomates ;
- la réorganisation des structures selon une répartition géographique plus spécialisée, en remplaçant les départements traditionnels par des secteurs régionaux placés sous la supervision de ministres adjoints.
Le siège actuel du ministère des Affaires étrangères se présente comme un vaste complexe édifié sur une superficie d’environ 4 800 m². Il comprend une tour d’environ 143 mètres de hauteur, composée de 42 étages, pour une surface totale avoisinant les 73 000 m². L’ensemble comprend un sous-sol ainsi qu’une base de six étages abritant l’entrée principale, plusieurs salles de réunion et des bureaux administratifs. La tour elle-même compte 30 étages occupés par les services du ministère, en plus de niveaux dédiés à une grande salle de conférences, deux salles de lecture, un centre informatique, un restaurant et une cafétéria, sans oublier les étages techniques destinés aux systèmes de climatisation et aux ascenseurs, ainsi qu’une plateforme d’hélicoptère au sommet.
Organes relevant du ministère des Affaires étrangères :
- Agence égyptienne de partenariat pour le développement
- Institut d’études diplomatiques
- Centre d’information diplomatique
- Centre du Caire pour la résolution des conflits et le maintien de la paix en Afrique
- Club diplomatique égyptien
- Comité national de coordination pour la prévention et la lutte contre la migration illégale et la traite des êtres humains (relevant du Premier ministre et basé au ministère des Affaires étrangères)
- Autorité générale du Fonds de financement des bâtiments du ministère des Affaires étrangères.