Les collections du Musée égyptien du Caire (première partie)

Les collections du Musée égyptien du Caire (première partie)

Cet article a été traduit par Mahmoud Sobhy

Révisé par Omaima Ahmed

Le Musée égyptien est l’un des musées internationaux les plus grands et les plus célèbres. Il est situé au cœur de la capitale égyptienne, Le Caire, du côté nord de la place Tahrir. Sa création remonte à 1835. Il contient de nombreux objets de collection archéologiques remontant à l’Égypte ancienne. Voici les pièces les plus importantes du premier étage :

Pierre de Rosette

Avant toute chose, l’apprenant de la civilisation égyptienne doit se mémoriser un ensemble de constantes, dont la plus importante est constituée d’éléments ayant ouvert la voie à quiconque souhaite connaître la civilisation égyptienne. La pierre de Rosette vient en tête de ces constantes.

La pierre de Rosette est une pierre de basalte noire sur laquelle un texte a été gravé sous le règne du roi Ptolémée V en 196 av. J.-C. Elle a été découverte en 1799 par les soldats de l’expédition française, alors qu’ils creusaient une tranchée autour du fort de Saint-Julien près de Rosette.

Le jeune Français Jean-François Champollion a entrepris un long travail de recherche et d’étude pour déchiffrer les inscriptions de cette pierre. En 1822, il annonça au monde qu’il était capable de décoder la langue égyptienne ancienne. Ainsi, il posa les premières bases de la compréhension de cette langue, ce qui permit de lever le mystère qui entourait la civilisation égyptienne et d’ouvrir la voie au développement de l’égyptologie.

Palette de Narmer

Il s’agit de la première des œuvres historiques pharaoniques connues, portant le nom de « Narmer » inscrit dessus. Elle a été réalisée sous le règne du pharaon Narmer, qui unifia les Deux Terres d’Égypte. Elle représente la scène de l’unification du pays et la victoire du roi pharaonique sur ses ennemis.

Dans la partie supérieure de la première face, on voit deux visages féminins avec des oreilles et des cornes de vache, représentant la déesse Hathor. Entre ces deux visages se trouve la façade du palais (le « serekh »), à l’intérieur duquel est inscrit le nom de Narmer. En dessous, apparaît le roi, représenté avec un corps imposant, portant la couronne blanche de Haute-Égypte, tenant dans une main une massue et, dans l’autre, les cheveux d’un ennemi du Nord.

Sur l’autre face, dans la partie supérieure, apparaissent les mêmes visages divins. En dessous, une scène représente la fin de la guerre, la victoire du roi et l’unification de l’Égypte, marquant ainsi le début de l’État égyptien unifié.

Statue du roi Djéser

Djéser était un ancien roi égyptien appartenant à la troisième dynastie de l’Ancien Empire. La principale preuve de son existence est une statue en pierre calcaire peinte, grandeur nature, découverte lors de fouilles à Saqqarah en 1925.

La statue a été trouvée dans une salle fermée appelée crypte, au nord-est du complexe funéraire du roi Djéser à Saqqarah. Il s’agit de la plus ancienne statue grandeur nature connue en Égypte. Le roi y est représenté assis sur son trône, vêtu d’une robe de jubilé. La statue était entièrement recouverte de plâtre blanc, les yeux incrustés, et le roi portait une fausse barbe ainsi qu’une perruque noire surmontée d’une coiffe royale.

Certains égyptologues modernes pensent qu’il fut le véritable fondateur de la troisième dynastie de l’Ancien Empire, bien que cela ne soit pas encore entièrement confirmé. Selon des inscriptions anciennes, son règne fut marqué par de nombreuses campagnes militaires dans la péninsule du Sinaï, visant à sécuriser les ressources et exploiter les mines de métaux précieux.

Sa réalisation la plus célèbre est la pyramide à degrés de Saqqarah, construite pour servir de tombeau. Il s’agit de la première pyramide d’Égypte, édifiée sous la forme de terrasses superposées. Djéser aurait également construit plusieurs édifices à Héliopolis et à Gebelein, qui étaient des centres importants à cette époque.

Statue du roi Amenhotep III et de la reine Tiye

Cette immense statue est une œuvre collective représentant le pharaon égyptien Amenhotep III, son épouse la reine Tiye, ainsi que leurs trois filles. Il s’agit du plus grand groupe sculpté connu représentant une famille royale de l’Égypte ancienne.

Description de la statue :
Les yeux en amande et les sourcils arqués sont caractéristiques du style artistique de la fin de la XVIIIe dynastie. Amenhotep III porte une coiffe ornée d’un cobra, une fausse barbe et un kilt, les mains posées sur ses genoux.

La reine Tiye est assise à sa gauche, son bras droit entourant la taille de son mari. Sa taille est égale à celle du pharaon, ce qui souligne son statut éminent. Elle porte une robe ajustée jusqu’aux chevilles ainsi qu’une grande perruque surmontée d’une coiffe.

Quant aux trois princesses, l’une d’elles se tient au centre, entre les jambes de ses parents, représentée comme une femme mûre vêtue d’une robe serrée et d’une large perruque. À l’extrême gauche des jambes d’Amenhotep se tient la plus jeune fille, tandis qu’à l’extrême droite des jambes de Tiye se trouve l’autre princesse.

Statue du roi Sésostris III

Cette statue, taillée dans du granit noir, a été découverte dans le parvis du temple de Montouhotep II à Deir el-Bahari. Elle faisait partie d’un groupe de six statues offertes par Sésostris III au temple de son prédécesseur.

Il s’agit de l’une des premières statues connues représentant le roi en position debout. Le roi porte une coiffe ornée d’un cobra sur le front ainsi qu’un pagne.

Petite statue du roi Khéops

Le roi Khéops est le constructeur de la Grande Pyramide, et cette statue est la seule représentation connue de lui à ce jour.

Le roi est représenté assis sur un trône, portant la couronne rouge de Basse-Égypte et un petit pagne. Dans sa main droite, placée au-dessus de sa poitrine, il tient un objet, tandis que sa main gauche repose sur son genou gauche.

 

Triade de Mykérinos

Cette triade représente le roi Menkaourê debout entre la déesse Hathor et la déesse locale de la ville d’Anbou. Menkaourê est le cinquième roi de la quatrième dynastie et le fils du roi Khafre. Il est le constructeur de la troisième pyramide de Gizeh et a régné pendant 25 ans.

Le roi est représenté entre la déesse Hathor, déesse de l’amour, de la musique et de la maternité, et la déesse locale d’Anbou. Il porte la couronne blanche de Haute-Égypte ainsi qu’une fausse barbe.

L’artiste a su représenter avec précision les traits du visage, tandis que les détails du corps sont idéalisés, notamment au niveau des muscles de la poitrine, des bras, des jambes, des genoux et des orteils.

Rahotep et Nofret

Ces statues exceptionnelles sont conservées dans un état remarquable, comme si elles venaient d’être peintes. Ce qui les distingue particulièrement, ce sont leurs yeux incrustés de cristaux réalistes.

Lors de l’ouverture du tombeau pour la première fois, ces yeux ont profondément impressionné les ouvriers égyptiens : ils donnaient l’impression de les regarder. À la lumière des torches dans l’obscurité du tombeau, les statues semblaient vivantes, ce qui a provoqué la peur et la panique parmi les ouvriers.

Les statues ont été découvertes en 1871 à Meidoum, à environ 100 km du Caire, par Albert Daninos, assistant de l’explorateur et archéologue français Auguste Mariette.

 

Kaâper

Kaâper est un ancien scribe et prêtre égyptien ayant vécu entre la fin de la IVe dynastie et le début de la Ve dynastie, vers 2500 av. J.-C. Il était connu sous le nom de « Cheikh el-Balad ».

Sa statue en bois a été découverte à Saqqarah par Auguste Mariette, dans un tombeau situé au nord de la pyramide à degrés de Djéser. Dans le même contexte, une autre statue en bois représentant une femme a également été trouvée, souvent considérée comme celle de l’épouse de Kaâper.

La statue « miraculeuse » du roi Khafre

Cette statue est réalisée en diorite, une pierre extrêmement dure, classée parmi les plus dures après le diamant. Autrement dit, aucune roche ni aucun métal ne peut facilement la tailler, à l’exception d’outils extrêmement résistants.

Dans les années 1980, le sculpteur égyptien Mohamed Moussa, connu pour sa maîtrise de la sculpture sur pierre, a tenté de reproduire une œuvre en utilisant ce type de matériau. Il a commencé à sculpter une colombe dans la diorite, mais n’a pas pu achever son travail, malgré son expérience et l’utilisation d’outils modernes.

Cela met en évidence le génie et la maîtrise exceptionnels de l’artiste égyptien antique, et explique pourquoi cette œuvre est qualifiée de « statue miraculeuse ».

L’égyptologue Gaston Maspero, l’un des plus célèbres spécialistes de l’Égypte ancienne, a déclaré : si une exposition devait être consacrée aux plus grands miracles artistiques de l’humanité, il choisirait cette statue pour représenter l’une des plus grandes réalisations de l’art égyptien antique.