La « diplomatie culturelle » ouvre les séances de dialogue du dixième jour de la Bourse Nasser pour le leadership international
Le ministère de la Jeunesse et des Sports, dirigé par le Dr Ashraf Sobhi, a inauguré vendredi les activités de la dixième journée de la Bourse internationale Nasser pour le leadership par une table ronde intitulée « Diplomatie culturelle ».
Ont participé à cette séance le Dr Jihan Zaki, députée et ancienne présidente de l’Académie des Arts de Rome, le Dr Magdy Zaabal, ancien conseiller culturel de l’Égypte en Ouzbékistan, ainsi que la députée Hiyam Al-Khattab. La séance a été modérée par Amir Hamza, participant de la troisième cohorte de la Bourse, en présence de Hassan Ghazaly, coordinateur général de la Bourse Nasser, et de plusieurs responsables du ministère.
Le Dr Jihan Zaki a exprimé sa joie de participer à cette rencontre réunissant des jeunes issus de cultures et d’horizons variés. Elle a souligné sa fierté quant au rôle de leadership du continent africain dans le domaine culturel et dans les sites inscrits au patrimoine mondial, rappelant que la culture n’est plus un luxe mais un besoin essentiel, devenu indispensable dans toute société moderne.
Elle a ajouté que l’Égypte détient un rôle culturel de premier plan à l’échelle mondiale, comme l’attestent les documents historiques. En effet, le concept d’État est né sur les rives du Nil il y a plus de 3 000 ans avant J.-C., de même que les premières divisions administratives. Elle a rappelé que, bien que le mot « diplomatie » soit d’origine latine, ses premières pratiques trouvent leurs racines en Égypte ancienne, notamment à travers l’échange de présents et l’accompagnement cérémoniel des visiteurs. L’idée d’ordre social, d’organisation et même un certain sens du patriotisme sont également apparus sur ces mêmes rives — une raison supplémentaire pour être profondément fiers de notre héritage culturel.
Elle a poursuivi en évoquant la profondeur historique de la relation entre l’Égypte et l’Italie, marquée par un rapprochement culturel important, comme l’attestent de nombreuses traces archéologiques dans le sud de la Haute-Égypte et les grands temples qui témoignent encore aujourd’hui de cette interaction intellectuelle entre l’Égypte et Rome.
Elle a rappelé que la première plateforme intellectuelle et culturelle arabo-africaine s’adressant à l’Occident dans ses propres capitales est l’Académie égyptienne des arts, fondée à Rome en 1926, qui a offert au monde une image rayonnante de l’Égypte et de l’Afrique.
Évoquant son parcours à l’Académie, elle a expliqué avoir compris dès le début que son rôle ne serait pas traditionnel, d’autant qu’elle a eu l’honneur d’en assumer la présidence en tant que première femme. Cela impliquait de mettre en lumière le rôle de la femme égypto-africaine et de préserver son identité et sa culture. Elle a réaffirmé l’importance majeure de la diplomatie culturelle, qui joue souvent un rôle essentiel dans la compréhension et le rapprochement des peuples.
De son côté, la députée Hyam Al-Tabbakh a mis en avant le rôle central joué par la jeunesse égyptienne et par le Parlement dans la formation des cadres, soulignant que les jeunes contribuent activement aujourd’hui au rayonnement de la diplomatie égyptienne et au renforcement des relations avec les pays africains et le reste du monde.
Elle a expliqué que la Bourse Nasser pour le leadership international confirme continuellement la volonté de l’Égypte d’embrasser l’ensemble des pays qui l’entourent et de renforcer sa coopération, en particulier avec les pays africains. Elle a souligné que le ministère égyptien de la Jeunesse et des Sports a permis à une large proportion de jeunes d’occuper des postes de direction à l’échelle nationale.
Elle a également évoqué l’expérience de l’Académie nationale de formation des jeunes et son intérêt pour les programmes dédiés à la jeunesse en général et aux jeunes Africains en particulier, un développement durable et en constante évolution. Elle a enfin abordé les moyens permettant aux jeunes participants de représenter efficacement la diplomatie culturelle de leurs pays.
Elle a ajouté que les jeunes parlementaires participent activement aux missions de contrôle, de législation et d’adoption du budget de l’État, et que l’Égypte, dans le cadre de la « Nouvelle République », œuvre à confier des responsabilités à des milliers de jeunes dans les postes de direction.
Pour sa part, le Dr Magdy Zaabal a exprimé sa joie de s’adresser à une élite distinguée de jeunes du monde entier participant à la troisième édition de la Bourse Nasser pour le leadership international. Il a également affirmé qu’il est honoré de participer à tout événement placé sous la bannière du leader Gamal Abdel Nasser.
Évoquant la transmission de la culture égyptienne en Ouzbékistan, il a présenté cela comme une manifestation du génie égyptien dans la pensée et l’exécution. Il a rappelé que les relations entre les deux pays remontent à l’Antiquité, mais qu’elles ont connu un tournant majeur à l’époque moderne, notamment après la visite historique du président Gamal Abdel Nasser en 1962, à la suite de laquelle l’arabe a été adopté comme deuxième langue dans trois écoles, en hommage à cette visite marquante.
Il a partagé son expérience en tant que conseiller culturel à l’ambassade d’Égypte en Ouzbékistan et directeur du Centre culturel égyptien, soulignant que parler des relations culturelles entre les deux pays nécessite de rappeler des fondements essentiels. Il a expliqué que l’Égypte constitue un modèle culturel et un pilier civilisationnel : en observant son histoire, il est clair qu’elle a été le berceau de l’écriture, de la pensée et des fondations mêmes de la civilisation humaine.
Il a également affirmé que les pays africains comptent parmi les peuples les plus remarquables au monde, et que cette appartenance historique et civilisationnelle doit guider nos relations avec tous les pays du continent. Il a ajouté que l’Ouzbékistan constitue lui aussi un cas culturel majeur, ayant produit d’éminents savants et contribué au développement des sciences naturelles. Lorsque les deux nations se rencontrent, a-t-il conclu, une dynamique culturelle et civilisationnelle particulière s’en dégage.
À la fin de la séance, les participants de la Bourse Nasser ont posé de nombreuses questions et entamé des discussions autour du thème de la diplomatie culturelle, dans une atmosphère d’échanges, d’accueil chaleureux et de grande satisfaction.
Hassan Ghazaly, coordinateur général de la Bourse, a souligné le rôle essentiel des jeunes dans le renforcement de la diplomatie culturelle. Il a ajouté que la Bourse Nasser offre des chances égales aux participants, conformément au cinquième objectif du développement durable (égalité des sexes), et contribue à l’autonomisation des jeunes ainsi qu’à la création de partenariats internationaux, en cohérence avec l’objectif 17 des Objectifs de développement durable.
Il convient enfin de rappeler que la troisième édition de la Bourse Nasser pour le leadership international vise à transmettre l’expérience égyptienne en matière de construction d’institutions nationales, tout en formant une génération de jeunes leaders issus des pays non alignés, dotés d’une vision conforme au partenariat Sud-Sud et conscients du rôle du Mouvement des non-alignés.