La Chambre des représentants égyptienne

La Chambre des représentants égyptienne

La Chambre des représentants détient le pouvoir législatif en République arabe d’Égypte. Elle exerce les pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution de 2014. L’article 101 du Chapitre 1 du Titre V de la présente Constitution stipule que la Chambre des représentants détient le pouvoir législatif. Elle approuve la politique générale de l’État ainsi que le plan général de développement économique et social.

Les plus anciennes législations de l’histoire humaine

L’Égypte a apporté à l’humanité certains des systèmes législatifs et directifs les plus anciens. Sur les bords du Nil, le plus ancien gouvernement organisé, qui a créé de grandes civilisations humaines, a été établi. Au fil des époques, des civilisations égyptiennes consécutives se sont développées grâce à des systèmes de gouvernance et de direction forts et solides.

Il y a environ 5200 ans, le roi Mina, fondateur de la première dynastie, a uni la Haute et la Basse-Égypte (le sud et le nord) en un État unifié. Il a mis en place certains des systèmes législatifs les plus anciens de l’histoire humaine en appliquant la loi unifiée de Thot, « dieu de la sagesse », dans toute l’Égypte. La ville de Memphis est devenue la capitale et le centre de direction du premier État central unifié de l’histoire.

Cette ville disposait d’un système organisé de gouvernance, de direction, de justice, d’enseignement, de police et d’armée. Les antiquités de la civilisation pharaonique prouvent le progrès considérable des systèmes de gouvernance et de direction. Le roi (le pharaon) était à la tête de l’État, ainsi que responsable, avec son administration, de la collecte des impôts. Un grand nombre d’employés étaient nommés par décret royal et pouvaient également être promus.

Depuis l’époque de l’Ancien Empire, l’Égypte a également appliqué un système efficace de gouvernance locale. Dès le début des 3ᵉ et 4ᵉ dynasties de l’Ancien Empire, différents décrets et textes législatifs sont apparus, par exemple ceux fixant les heures de travail des paysans ainsi que celui du roi Mykérinos visant à lutter contre le travail forcé.

On peut constater les progrès et la diversité des fonctions de l’État en explorant l’inscription de la tombe de Rekhmirê, premier ministre et premier magistrat du roi Thoutmôsis III, sur les murs de sa tombe à Thèbes, où toutes les fonctions et législations liées au ministre ont été enregistrées.

À l’époque de l’État pharaonique du Nouvel Empire, le roi Horemheb a joué un rôle majeur en tant que l’un des législateurs les plus importants de l’histoire humaine, dont les lois avaient un caractère civil, loin des considérations religieuses. Il s’efforçait également de promulguer plusieurs lois régissant la relation entre l’individu et le pouvoir.

Grâce à ses législations, l’idée des libertés et des droits publics a été instaurée, comme l’inviolabilité du domicile et celle de la voie publique. Il a également souligné que la fonction publique est au service du peuple et non un moyen de domination, et que l’employé public est au service du peuple, et non un maître.

La civilisation pharaonique a laissé de nombreuses antiquités et preuves attestant de cette évolution administrative et législative, comme le texte inscrit sur la tombe de la princesse Idot à Saqqarah, considéré comme la plus ancienne législation fiscale de l’histoire.

Les anciens Égyptiens représentaient souvent, sur les temples et les tombes, des images du roi offrant Maât (symbole de justice et de loi) aux dieux, ce qui constitue un appel clair à sanctifier les valeurs de justice et de l’État de droit.

En 330 av. J.-C., après l’entrée d’Alexandre le Grand en Égypte, la domination grecque a commencé. Après sa mort, la période ptolémaïque a débuté, suivie par la domination romaine. Malgré la dureté de cette dernière, les Égyptiens ont préservé la plupart de leurs traditions, systèmes et coutumes. Par la suite, le christianisme est entré en Égypte dans la première moitié du Ier siècle, et l’Église égyptienne a contribué à instaurer plusieurs systèmes et traditions.

À l’époque islamique, les systèmes de gouvernance et de législation se sont inspirés du Coran et de la Sunna du Prophète, fondés sur le principe de la consultation (choura), l’un des fondements des systèmes politiques en Islam.

Lorsque l’Égypte est devenue la capitale du califat fatimide (969–1171 apr. J.-C.), les systèmes de gouvernance et de législation se sont développés, et Le Caire a été choisi comme capitale de l’Égypte et du califat.

À l’époque ayyoubide (1171–1250), la Citadelle est devenue le siège du pouvoir ainsi qu’un centre de conseils législatifs et judiciaires, tels que le Conseil de la justice. Ces conseils avaient pour rôle de promulguer les lois, de les appliquer et de conclure des traités avec les États étrangers.

À l’époque mamelouke (1250–1517), le sultan Baybars a fondé la Maison de la justice dans la Citadelle de Saladin, en en faisant un siège de gouvernance. Le conseil de gouvernement était chargé de promulguer les lois, de les appliquer, de régler les différends et de négocier avec les pays voisins.

À l’époque ottomane, les tribunaux islamiques (de la charia) ont été imposés en Égypte. Les juges avaient recours aux dispositions de la charia pour trancher les différends civils et criminels jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

À la fin du XVIIIe siècle, l’Égypte a connu d’importantes évolutions politiques et sociales sur le plan intellectuel.

En 1795, moins de six ans après la Révolution française, Le Caire a connu un soulèvement social et politique majeur en faveur des droits, des libertés et de l’État de droit. Les forces nationales et les leaders populaires ont soutenu les revendications du peuple, adoptant des principes de justice, d’égalité et de liberté.

Face à l’escalade de la résistance populaire contre le gouverneur ottoman (le wali), l’Égypte a été menacée par une grande révolution. Les oulémas et les leaders populaires ont alors obtenu un engagement écrit du gouverneur et des mamelouks. Cet engagement constitue une première grande charte visant à organiser la relation entre l’individu et l’autorité, interdisant l’imposition de taxes ou d’amendes sans l’approbation des oulémas d’Al-Azhar, en tant que représentants du peuple.

Le conseil supérieur

En mai 1805, l’Égypte a connu ce qui est considéré comme la première révolution démocratique mûre de l’époque moderne. Elle a été menée par les oulémas d’Al-Azhar avec la participation de toutes les composantes du peuple. Muhammad ‘Ali Pacha a été investi à la tête de l’Égypte « au nom du peuple », dépassant toute décision du sultan ottoman.

L’allégeance à Muhammad ‘Ali Pacha s’est faite « conformément aux conditions établies par le peuple », notamment le principe selon lequel « la nation est la source unique de tous les pouvoirs ». Selon ces conditions, il devait établir la justice, appliquer les lois, éviter toute injustice et consulter les oulémas pour chaque décision. En cas de manquement, il pouvait être destitué.

Après avoir obtenu l’autonomie du gouvernement égyptien, Muhammad ‘Ali Pacha a lancé une réforme administrative globale visant à établir des institutions modernes, notamment un conseil représentatif.

En 1824, le Conseil supérieur a été constitué. Il marque le véritable début du premier conseil représentatif, dont certains membres étaient élus, assurant ainsi une représentation des différentes composantes du peuple.

Le Conseil supérieur comptait initialement 24 membres, puis ce nombre a atteint 84 après l’ajout de cheikhs et d’oulémas. Il comprenait des chefs de départements, des responsables administratifs, des oulémas désignés par le cheikh d’Al-Azhar, des commerçants, des experts et des notables élus de chaque province.

En janvier 1825, le statut du Conseil supérieur a été promulgué, définissant ses compétences, notamment la discussion des propositions de Muhammad ‘Ali Pacha relatives à la politique intérieure. Ce statut précisait également le calendrier des séances et les modalités de fonctionnement du Conseil.

Le conseil de consultation

Le succès du Conseil supérieur a conduit à l’établissement d’un autre Conseil en 1829, à savoir le Conseil de consultation, lequel constitua un noyau important du système de la « choura ». Ce Conseil était composé de hauts fonctionnaires du gouvernement, de grands oulémas et de nobles, et était placé sous la présidence d’Ibrahim Pacha (le fils de Muhammad ‘Ali).

Ce Conseil ressemblait de plus en plus à une assemblée générale, compte tenu du nombre de ses membres et de la représentation effective des différentes composantes du peuple. Il comptait 156 membres, dont 33 membres élus parmi les hauts fonctionnaires et les grands oulémas, 24 membres élus parmi les préfets des provinces, et 99 membres élus parmi la haute noblesse de l’Égypte.

Le Conseil de consultation se réunissait pour donner son avis sur les questions relatives à l’enseignement, à la gestion et aux travaux publics. En 1830, des instructions ont été émises, comportant les principes et les méthodes de travail de ce Conseil. En 1833, le Conseil de consultation adopta sa propre loi, laquelle fut considérée comme un complément aux instructions précitées. Cette loi portait sur l’organisation du calendrier des sessions, les procédures de délibération et les modalités de prise de décision.

En 1837, Muhammad ‘Ali Pacha promulgua la loi organique de l’État, dite « Siastenama », en vertu de laquelle le Conseil de consultation fut aboli et remplacé par deux chambres : « le Conseil privé », chargé de promulguer les lois, et « le Conseil public », chargé d’examiner les questions qui lui étaient déférées par le gouvernement, lequel regroupait sept cabinets principaux.

Le Conseil consultatif des députés (Majlis Shura Al-Nuwwab)

La création, en 1866, de la Chambre des délégués (Majlis Shura Al-Nuwwab), sous le règne du khédive Ismaïl, est considérée comme l’étape la plus importante dans l’évolution de la vie parlementaire en Égypte. Il ne s’agissait pas d’une simple chambre consultative de nature administrative, mais du premier parlement jouissant de compétences représentatives.

Le khédive Ismaïl promulgua, en novembre 1866, un décret portant création de la Chambre, assorti de la loi organique et du statut correspondants. Le statut de la Chambre comportait 18 articles portant sur le système électoral, les conditions d’éligibilité et la durée des sessions.

En vertu des compétences attribuées à la Chambre, celle-ci « aura pour mission de délibérer sur les intérêts intérieurs du pays et de donner son opinion au Khédive ». Le statut de la Chambre fut profondément influencé par les systèmes parlementaires en vigueur à cette époque en Europe, notamment le Corps législatif en France.

La Chambre des délégués était composée de 75 membres élus parmi les notables du Caire, d’Alexandrie et de Damiette, ainsi que parmi les maires et les cheikhs dans les autres provinces du pays, lesquels étaient tous présentés comme candidats pour la première fois sous le règne du khédive.

Le président de cette Chambre était désigné par le khédive. Le mandat de la Chambre était de trois ans, durant lesquels elle siégeait deux mois chaque année. La Chambre des délégués a tenu neuf sessions pendant trois législatures, du 25 novembre 1866 jusqu’au 6 juillet 1879.

Au fil du temps, les compétences de la Chambre se sont graduellement élargies et une forte opposition a commencé à se manifester. Cette opposition s’est accentuée en raison de la diffusion de certaines « idées du Siècle des Lumières », mouvement initié par de grands penseurs et écrivains.

À cette époque, l’émergence de la presse a renforcé les revendications populaires appelant à la création d’un parlement représentatif jouissant de compétences législatives et de contrôle plus étendues. Ces revendications se reflétèrent dans la création, en 1878, du premier Conseil des ministres en Égypte, dénommé (Majlis Al-Nuzzar).

Le parlement a été reconstitué et doté de compétences plus larges. Cependant, certains sujets demeuraient exclus de sa compétence, comme les affaires financières. En juin 1879, la loi organique relative à la Chambre des délégués (Majlis Shura Al-Nuwwab) a été élaborée afin d’être soumise au khédive pour promulgation par décret. Celle-ci porta le nombre de députés de l’Égypte et du Soudan à 120 membres.

Parmi les points les plus importants de cette loi organique figurait l’approbation du principe de la « responsabilité ministérielle » et l’octroi à la Chambre de pouvoirs accrus en matière financière.

Succédant, le 26 juin 1879, au khédive Ismaïl, le khédive Tawfiq rejeta les dispositions de ladite loi organique et ordonna la dissolution de la Chambre. Cependant, celle-ci continua de tenir ses séances jusqu’en juillet 1879.

La Chambre des représentants égyptienne

Le 9 septembre 1881, la révolution d’Ahmed ‘Urabi éclata. Parmi les revendications de cette révolution figurait la formation d’une Chambre des délégués.

Des élections furent alors organisées pour désigner les membres de la Chambre des délégués (Majlis Shura Al-Nuwwab), conformément aux dispositions du statut de 1866, dans l’attente de l’élaboration d’un nouveau projet de loi organique par le gouvernement en vue de sa présentation à la Chambre pour approbation.

Le nouveau parlement, dénommé « la Chambre des délégués d’Égypte », inaugura ses travaux le 26 décembre 1881. Le gouvernement présenta le projet de loi organique, et un décret fut émis en la matière le 7 février 1882.

En vertu de cette loi, le gouvernement était responsable devant la Chambre élue par le peuple, et la Chambre détenait le pouvoir législatif ainsi que le droit de poser des questions aux ministres et de les interpeller.

Le mandat de la Chambre des délégués d’Égypte était de cinq ans, et la durée de la session ordinaire était de trois mois. Ainsi, les règles de la pratique démocratique parlementaire en Égypte furent progressivement établies. Toutefois, cette période ne dura que brièvement.

La Chambre des délégués d’Égypte ne tint qu’une seule session ordinaire, du 26 décembre 1881 au 26 mars 1882. L’Égypte fut occupée en 1882 par la Grande-Bretagne, qui abrogea la loi organique. En 1883, une nouvelle loi organique fut promulguée, marquant un recul de la vie parlementaire en Égypte.

L'Assemblée législative

En juillet 1913, le Conseil législatif (Majlis Shura Al-Qawanin) et l’Assemblée générale ont été abolis. Une Assemblée législative a été créée et était composée de 83 membres : 66 membres élus et 17 membres nommés.

La loi organique du 1er juillet 1913 a stipulé que le mandat de l’Assemblée législative était de six ans. L’Assemblée législative a poursuivi ses travaux du 22 janvier 1914 jusqu’au 17 juin 1914, date à laquelle la Première Guerre mondiale a éclaté et la loi martiale a été proclamée en Égypte.

En décembre 1914, la Grande-Bretagne a proclamé son protectorat sur l’Égypte, et l’Assemblée législative a été ajournée sine die. En 1915, les dispositions de la loi organique ont été suspendues jusqu’à la suppression de l’Assemblée législative en avril 1923.

Le Conseil consultatif des lois

Aux termes de la loi organique de 1883, le Parlement égyptien était composé de deux chambres, comme suit : « le Conseil législatif » (Majlis Shura Al-Qawanin) et « l’Assemblée générale ». Cette loi avait en outre institué les conseils provinciaux, dont la fonction n’était pas législative, mais plutôt administrative, consistant à élire les membres du Conseil législatif.

Le Conseil législatif comptait 30 membres : 14 membres nommés, dont le président et l’un des deux vice-présidents du Conseil, et 16 membres élus, dont le deuxième vice-président du Conseil. Le mandat du Conseil était de six ans.

L’Assemblée générale

L’Assemblée générale comptait 83 membres : 46 membres élus, et les autres membres en étaient membres de droit, à savoir les membres du Conseil législatif et sept ministres. L’Assemblée générale était présidée par le président du Conseil législatif.

De 1883 à 1913, le Conseil législatif et l’Assemblée générale ont tenu 31 sessions ordinaires pendant cinq législatures.

La constitution de 1923

À la suite de la Première Guerre mondiale, la Révolution égyptienne de 1919 éclata, revendiquant la liberté et l’indépendance de l’Égypte ainsi que l’établissement d’une véritable vie parlementaire et démocratique.

Cette révolution a abouti à la Déclaration du 28 février 1922, qui reconnaissait l’Égypte comme un État indépendant et souverain (sous réserve de quatre points), et mettait fin au protectorat britannique.

De ce fait, une nouvelle Constitution a été établie en avril 1923 par un comité composé de trente membres, parmi lesquels figuraient des représentants des partis politiques, des leaders populaires et des dirigeants du mouvement national.

La Constitution de 1923 a établi un système parlementaire représentatif fondé sur la séparation et la collaboration entre les pouvoirs. De plus, la relation entre les pouvoirs législatif et exécutif a été définie sur la base du principe de contrôle et d’équilibre. Le gouvernement est responsable devant le parlement, qui dispose du vote de confiance. En revanche, la Constitution a conféré au roi le droit de convoquer ou de dissoudre le parlement. À défaut de convocation, le parlement a le droit de siéger à la date prévue par la Constitution.

La Constitution de 1923 a également adopté le système bicaméral, à savoir un Sénat et une Chambre des députés. Aux termes de cette Constitution, les membres de la Chambre des députés étaient tous élus. Le mandat de la Chambre était de cinq ans.

Quant au Sénat, les trois cinquièmes de ses membres étaient élus et les deux cinquièmes étaient nommés. En ce qui concerne la répartition des compétences, la Constitution de 1923 a appliqué, à quelques exceptions près, le principe d’égalité entre les deux chambres du parlement en tant qu’autorité publique.

Le nombre des membres a considérablement augmenté avec le temps, étant donné que la Constitution avait adopté le principe de la représentation proportionnelle à la population. En effet, le nombre des membres de la Chambre des députés a été fixé à 214 sous la Constitution de 1923. Ce nombre est resté stable de 1924 à 1930, puis a augmenté pour atteindre 235 membres.

Il a ensuite diminué pour atteindre 150 membres sous la Constitution de 1930, qui est restée en vigueur de 1931 à 1934. Après le rétablissement de la Constitution de 1923, restée en vigueur de 1936 à 1952, le nombre a de nouveau augmenté pour atteindre 232 membres de 1936 à 1938. Ce nombre s’est élevé à 264 membres de 1938 à 1949, puis à 319 membres en 1950. Ce nombre est resté stable jusqu’à la Révolution de juillet 1952.

Le parlement, formé dans le cadre de la Constitution égyptienne de 1923, constituait une étape essentielle dans l’évolution de la vie parlementaire du pays. Cependant, cette vie a connu de nombreux événements négatifs.

Au cours de la période allant de 1923 à 1952, la vie politique a connu des périodes limitées d’expansion du mouvement démocratique et populaire, ainsi que des périodes de régression dues à l’intervention de l’occupant et du Palais. Cela a entraîné la dissolution du parlement à dix reprises.

En outre, en 1930, une nouvelle Constitution a été promulguée et est restée en vigueur pendant cinq ans. Elle a représenté un recul de la vie démocratique jusqu’au rétablissement, en 1935, de la Constitution de 1923.

Ainsi, la situation constitutionnelle s’est détériorée sous l’effet de facteurs internes et externes, jusqu’à atteindre l’état dans lequel se trouvait le pays à la veille de la Révolution de 1952. Cette situation était caractérisée par une grande instabilité politique et gouvernementale, au point que 40 gouvernements se sont succédé et que plusieurs remaniements ministériels ont été opérés de 1923 à 1952.

La vie parlementaire en Égypte après la Révolution de 1952

Le principe consistant à « établir une vie démocratique saine » figurait parmi les principes essentiels de la Révolution du 23 juillet 1952 en Égypte, laquelle a abrogé la Constitution précédente, proclamé la République et dissous les partis.

En 1956, une nouvelle Constitution a été promulguée, en vertu de laquelle l’Assemblée nationale (Majlis Al-Umma) a été formée, le 22 juillet 1957, de 350 membres élus. Cette Assemblée a annoncé, le 10 février 1958, la clôture de sa première session ordinaire.

À la suite de l’union de l’Égypte et de la Syrie en février 1958, la Constitution de 1956 a été abrogée. En mars 1958, une Constitution provisoire de la République arabe unie a été promulguée, en vertu de laquelle une « Assemblée nationale » mixte a été formée. Cette Assemblée était composée de 600 membres nommés (400 membres de l’Égypte et 200 membres de la Syrie). L’Assemblée nationale a tenu sa première session ordinaire du 21 juillet 1960 jusqu’au 22 juin 1961. Cependant, l’union égypto-syrienne a pris fin le 28 septembre 1961.

En mars 1964, une autre Constitution provisoire a été promulguée en Égypte, en vertu de laquelle l’Assemblée nationale a été formée de 350 membres élus, dont au moins la moitié devait être composée d’ouvriers et de paysans, conformément aux lois socialistes de juillet 1961, en plus de dix membres nommés par le Président de la République.

L’Assemblée nationale a poursuivi ses travaux du 26 mars 1964 jusqu’au 12 novembre 1968. Les élections d’une nouvelle Assemblée ont eu lieu le 20 janvier 1969, et celle-ci a exercé ses pouvoirs constitutionnels tout au long de ses sessions jusqu’au 30 août 1971.

Une nouvelle Constitution du pays a été promulguée le 11 septembre 1971 et est restée en vigueur jusqu’à la déclaration constitutionnelle émise le 13 mars 2011, à l’issue de la Révolution du 25 janvier 2011, accompagnée d’une décision de suspension de la Constitution.

Les élections législatives organisées en 1976 étaient fondées sur la multiplicité des plates-formes au sein de l’Union socialiste arabe, seule organisation politique à cette époque.

La première élection législative multipartite s’est déroulée en 1979, pour la première fois depuis la dissolution des partis politiques en Égypte à la suite de la Révolution de juillet 1952. De nombreux partis politiques, constitués en vertu de la loi sur les partis politiques de 1977, y ont pris part.

En 1980, un Conseil consultatif a été établi afin d’assurer une plus large participation politique et démocratique. Cependant, le système de scrutin uninominal a été rétabli en 1990, en vertu d’un décret-loi promulgué en la matière. La République a été divisée en 222 circonscriptions électorales, chacune élisant deux membres, dont au moins un devait être un ouvrier ou un paysan.

Le nombre des membres de l’Assemblée du peuple s’élevait alors à 454 membres, dont dix étaient nommés par le Président de la République. Après la Révolution du 25 janvier, la loi n° 38 de 1972 relative à l’élection de l’Assemblée du peuple et du Conseil consultatif a été modifiée. Par la suite, les deux tiers des membres de l’Assemblée du peuple étaient élus selon le système de représentation proportionnelle à liste bloquée, tandis que le tiers restant était élu selon le scrutin uninominal.

Conformément à ces amendements, le nombre des membres de l’Assemblée du peuple est devenu de 498 membres élus au suffrage universel, secret et direct, dont au moins la moitié devait être composée d’ouvriers et de paysans, en plus de dix membres au maximum nommés par le Président de la République.

Ce système a perduré jusqu’au déclenchement des deux révolutions populaires du 25 janvier et du 30 juin, qui ont été suivies d’élections législatives aboutissant à la formation du parlement actuel conformément à la Constitution de 2014.

Cette Constitution, approuvée par référendum populaire le 18 janvier 2014, a rétabli le système monocaméral, et le parlement égyptien a été dénommé en 2016 « la Chambre des représentants ».

Le parlement actuel représente un essor sans précédent dans l’histoire de la vie parlementaire égyptienne, compte tenu des compétences qui lui sont conférées en vertu de la Constitution de 2014, ainsi que de sa composition unique. Il regroupe, pour la première fois, 90 femmes (soit 15 % de ses membres), 9 personnes en situation de handicap, 8 membres représentant les Égyptiens résidant à l’étranger, ainsi qu’une forte participation des jeunes de moins de 35 ans, dont la représentation atteint le quart des membres du parlement.

En effet, le parlement de 2016 constitue un jalon marquant dans l’histoire de la vie parlementaire égyptienne, inscrivant en lettres d’or un nouveau chapitre de cette histoire représentative respectueuse, véritable épopée nationale unique, témoignant de la profondeur et de la grandeur de l’expérience parlementaire égyptienne parmi les parlements du monde.

Le bâtiment du parlement

Le bâtiment du Parlement égyptien, situé au cœur du Caire, possède une grande valeur historique et architecturale. Il est considéré comme une icône des valeurs et des principes pour lesquels le peuple égyptien a lutté pendant de nombreuses années.

Ce bâtiment abrite actuellement la Chambre des représentants et le Conseil consultatif. Il a été témoin d’événements importants dans l’histoire moderne de l’Égypte et de l’action nationale. Depuis son ouverture en 1924, après la promulgation de la Constitution de 1923, il a accueilli le premier parlement égyptien moderne. Le samedi 15 mars 1924, la première session du Sénat et de la Chambre des représentants s’y est tenue.

Au cours de plus de 70 ans de vie politique et parlementaire en Égypte, le parlement est resté un témoin vivant de tous ces événements.

Le bâtiment a été conçu dans un style combinant les architectures européennes de la fin du XIXe et du début du XXe siècle avec des influences islamiques dans l’architecture et les arts, ce qui lui confère une valeur artistique et architecturale particulière.

Le design architectural du parlement se compose d’une salle principale circulaire, d’un diamètre de 22 mètres et d’une hauteur de 30 mètres, surmontée d’un dôme, avec une partie centrale vitrée. Cette partie est surmontée d’une shakhchikha coiffée d’un dôme. La shakhchikha comporte quatre fenêtres et, à l’extérieur du dôme, des bandes décoratives formant des motifs proéminents et répétitifs.

À l’intérieur, le centre de la salle est entouré de motifs végétaux caractéristiques du style des années 1920, époque de la construction. La salle se compose de deux étages, chacun doté d’un balcon.

À l’avant de la salle, on trouve, au centre, la devise de la République ainsi que la tribune présidentielle. Plusieurs ailes sont rattachées à la salle, parmi lesquelles la salle pharaonique et les espaces de repos du Président et du Premier ministre.

Ces dernières années, le parlement comprend également un autre bâtiment historique, qui était auparavant occupé par le ministère de l’Irrigation et des Travaux publics et qui présente le même style architectural que le bâtiment principal.

Afin de préserver cette valeur architecturale et historique, des travaux d’entretien et de restauration sont en cours.

Sources :
Le site du Parlement égyptien