La Faculté des études africaines supérieures… l’un des plus anciens édifices scientifiques spécialisés dans les études africaines en Égypte
Article traduit par : Salma Turki
Certains la décrivent comme la porte d’entrée de l’Égypte vers l’Afrique. Les étudiants africains la qualifient de « Maison des Africains » sur la terre d’Égypte, tandis que les chercheurs et spécialistes dans le domaine des études africaines la considèrent comme une destination pour les étudiants africains spécialisés dans les sciences et la culture, issus de différentes nationalités, pays et religions.

La Faculté des études supérieures africaines remonte à 1947, lorsqu’elle a été fondée sous le nom d’Institut d’études soudanaises, affilié à la Faculté des lettres de l’Université du Caire, et ne comprenant que deux départements : l’histoire et la géographie. Par la suite, en 1950, il est devenu un institut indépendant directement affilié à l’Université, sous le nom d’Institut d’études africaines. En 1970, une décision républicaine a été prise pour créer un Institut indépendant de recherches et d’études africaines, et de nouveaux départements ont été ajoutés : le département des systèmes politiques et économiques, le département d’anthropologie, le département des langues africaines et le département des ressources naturelles.
Ces départements principaux comprennent des sous-sections. Le département des ressources naturelles, créé en 1971 en tant que département scientifique de la faculté, comprend cinq branches couvrant les domaines des ressources naturelles en Afrique : les ressources foncières, végétales, animales, hydriques et aériennes, toutes consacrées aux questions de développement des ressources naturelles et de protection de l’environnement.
Quant au département des langues africaines, créé en 1970, il a commencé par enseigner le swahili et le haoussa. Dans le cadre du développement et de l’adaptation aux évolutions, l’amharique a été ajouté en 1993, faisant de ces trois langues les principales langues du département.
En 2002, le luganda a été ajouté, portant le nombre de langues à quatre. En 2006, une cinquième langue a été introduite au sein du département.
En 2009, la langue mandingue a été intégrée, puis la langue somalienne a été ajoutée en 2011, portant ainsi le nombre total de langues du département à sept.
Le département d’anthropologie, créé en 1970, est l’un des départements uniques non seulement en Égypte, mais aussi au Moyen-Orient et en Afrique, en raison de la diversité de ses domaines de recherche. Il comprend trois spécialités principales : l’anthropologie culturelle, sociale et naturelle (biologique).
La faculté comprend une immense bibliothèque spécialisée dans les affaires africaines, contenant des milliers de références, de livres et de supports pédagogiques en arabe et en langues étrangères, ainsi que des centaines de thèses de maîtrise et de doctorat. Elle abrite également un bureau chargé des affaires des étudiants africains, un centre d’information et de consultation africaines, ainsi que de nombreux autres départements administratifs.
Depuis 1972, la faculté publie une revue d’études africaines, une revue scientifique périodique rigoureuse consacrée aux études africaines. Elle est spécialisée dans la publication de recherches scientifiques caractérisées par leur sérieux et leur originalité dans les différents domaines liés aux affaires africaines.
Cette revue vise à diffuser le savoir, à sensibiliser à travers les études africaines et à contribuer efficacement à l’enrichissement de la recherche scientifique dans ce domaine. Elle œuvre également à renforcer les mécanismes de coopération scientifique entre la faculté et les universités égyptiennes, arabes et africaines.
La revue s’intéresse à la publication de recherches portant sur les affaires africaines dans les domaines de l’histoire, de la politique, de l’économie, des langues et littératures africaines, de la géographie, de l’anthropologie, des ressources naturelles et d’autres domaines connexes. Elle s’adresse aux chercheurs des universités et instituts de recherche en Égypte et à l’étranger. Les travaux publiés sont soumis à l’évaluation de comités scientifiques spécialisés issus de diverses universités égyptiennes, arabes et africaines.
Le 3 décembre 2018, le Premier ministre a pris une décision transformant l’Institut des recherches et des études africaines en Faculté des études supérieures africaines. Cette décision coïncidait avec les préparatifs de l’Égypte pour assumer la présidence de l’Union africaine, et reflétait la conviction de la direction politique quant à l’importance de cet édifice académique dans le renforcement des relations égypto-africaines à travers la science, la recherche scientifique et l’art.
La Faculté des études africaines joue un rôle important dans l’éducation et la sensibilisation des communautés locale et africaine aux différentes questions africaines, en coopération avec les autorités compétentes et les organisations de la société civile, notamment à travers l’organisation de formations et de séminaires de sensibilisation.
La Faculté des études africaines constitue véritablement une fenêtre de l’Égypte sur l’Afrique, sa principale porte d’entrée vers le continent africain et un lien essentiel entre l’Égypte et ses frères africains. Des milliers d’étudiants égyptiens et africains y ont été diplômés, et certains occupent aujourd’hui des postes de direction dans leurs pays après avoir bénéficié de l’enseignement en Égypte.
Sources :
Le site de la Faculté des études supérieures africaines.